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Les questions qu'on se pose tout haut et tout bas avant de partir à l'aventure !

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La pratique du jeûne surprend, et c'est bien normal ! Lorsqu'on part jeûner pour la première fois, ou même les fois suivantes, on entend généralement les mêmes réflexions lorsqu'on en parle à notre entourage : "mais c'est dangereux !", "payer pour ne pas manger ?", "ce ne serait pas sectaire comme pratique ?", "pourquoi s'infliger ça?", "j'ai entendu qu'il y avait même eu des morts !". Lors d'une semaine de stage, nous vous donnons les clefs et les documents pour pouvoir expliquer à votre entourage comment le corps survit (très bien!) à une semaine sans manger. Ci-dessous les questions les plus courantes entendues, sans tabou, et ma façon (biaisée mais sincère!) d'y répondre. Si ces sujets vous intéressent, n'hésitez pas à aller consulter les sources ajoutées en lien (et à faire vos propres recherches). On commence par les sujets sensibles, puis les questions plus simples pour la fin ! Vous avez d'autres interrogations ? Le formulaire de contact est là pour vous !

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1. Le jeûne est-il dangereux ? 

Entre les recommandations gouvernementales qui déconseillent vivement la pratique du jeûne et les faits divers dramatiques qui défraient la chronique, il y a de quoi s'inquiéter ! L'affaire la plus récente remonte à 2021, lorsqu'une femme âgée de seulement 44 ans décède alors qu'elle participait à un stage de  jeûne hydrique de plusieurs semaines. Toutes les pratiques sont généralement mises dans un même panier, seulement les risques sont loin d'être les mêmes lorsqu'on se lance dans un jeûne de 3 semaines seulement à l'eau voire même avec des jours de jeûne sec (sans eau), ou quand on se lance dans un jeûne modifié de 6 jours, avec à disposition des jus, bouillons, du miel...

 

Il serait malhonnête d'affirmer qu'il n'y a aucun risque. Le jeûne ne convient pas à tout le monde, et il arrive lors d'un stage de conseiller à une personne trop fatiguée, découragée, ou souffrant de vomissements par exemple, de se réalimenter. En ce qui me concerne, sur plus de 200 personnes accompagnées, 2 personnes ont dû arrêter le jeûne en cours de semaine car la crise curative était difficile, je n'ai jamais eu d'urgences (et je touche du bois !). L'un des principaux risques, en jeûne, est de faire une crise d'acétone, due aux corps cétoniques produits avec le destockage des graisses. Lors d'un séjour de jeûne, les signes d'une telle crise sont surveillés de près (vertiges, nausées, maux de tête, fatigue, odeur d'acétone...), et l'organisateur contacte des médecins si une crise se manifeste et que la personne n'arrive pas à se réalimenter. Dans les cas les plus graves, si la personne n'est pas réalimentée et hydratée, une crise d'acétone peut causer un coma. La majorité des personnes supportent toutefois très bien le passage en cétose, et en cas de petit malaise hypoglycémique, du sucre est rapidement proposé pour éviter une telle crise. Un accompagnateur de jeûne ne sort jamais sans son pot de miel, et s'assure très régulièrement de la forme des participants. 

Pour toutes ces raisons il est vraiment recommandé de jeûner en groupe, avec un encadrement de qualité. Dans le cadre de la Fédération francophone de jeûne et randonnée, les accompagnateurs sont formés aux risques inhérents au jeûne, aux premiers secours, et surtout, aux limites de leurs compétences ! Il nous arrive régulièrement de contacter un médecin avant d'accepter qu'une personne vienne, de demander des certificats médicaux... Nous avons également la possibilité de joindre un médecin spécialiste du jeûne grâce à l'académie médicale du jeûne : nous pouvons contacter des médecins qualifiés lors du stage en cas de problème, ou encore de conseiller une consultation avant le stage afin de voir si une personne est apte à jeûner sans danger. 

Les centres affiliés à la FFJR organisent des jeûnes destinés à des personnes en bonne santé, d'une semaine maximum (il nous est interdit d'organiser des jeûnes plus longs). Nous déconseillons vivement la pratique du jeûne sec, et encourageons chaque jour la prise d'un minimum de calories pour soutenir l'organisme. Les pratiques dans les centres sont contrôlées par des questionnaires auprès des clients, et il est conseillé de rapporter toute pratique jugée déviante ou dangereuse. Pour toutes ces raisons, un jeûne d'une semaine dans un centre appartenant à une fédération (il n'y a pas que la FFJR, aussi éco jeûne, jeûne et bien être...) présente très peu de risques, à conditions d'être en bonne santé, et de ne présenter aucune contre indication

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Zoom sur l'académie médicale du jeûne

L'académie médicale du jeûne est une association de loi 1901 destinée à organiser les échanges entre médecins, et plus largement soignants, intéressés par la connaissance et/ou la pratique du jeûne. Son action est multiple : 

  • Faire connaître le jeûne en tant que pratique médicale

  • Informer et former les médecins et professionnels de santé à l’utilisation du jeûne en contexte médical

  • Proposer aux patients des séjours de jeûne encadrés par des médecins formés au jeûne

  • Proposer une assistance médicale aux centres de jeûne adhérents

L'association accompagne les membres de la FFJR pour assurer la sécurité des séjours, et apporter une expertise médicale en cas de soucis. En effet, tous les médecins ne sont pas formés à la pratique du jeûne, d'où l'intérêt de leur proposer des formations sérieuses, et de mettre à disposition des personnes souhaitant pratiquer le jeûne des professionnels qualifiés. 

Pour encore plus de sécurité, vous pouvez trouver sur leur site le lien vers des séjours de jeûne encadrés par des médecins. 

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Pardon de vous décevoir : la réponse est non.  

L'état actuel des connaissances scientifiques ne nous permet pas d'affirmer que la pratique du jeûne puisse prévenir ou guérir des maladies chez les humains. Vous imaginez une étude randomisée en double aveugle sur des jeûneurs ? La mise en place d'une telle étude semblerait presque impossible, comme pour une bonne partie des médecines alternatives d'ailleurs (certaines font figure d'exception et ont pu faire l'objet d'études très sérieuses, comme par exemple l'acupuncture). Cela ne veut pas dire qu'il n'y a aucune étude pour appuyer la pratique du jeûne, au contraire ! Mais il n'y a pas suffisamment de preuves, sur des humains et non des animaux, au regard de la science, pour affirmer que le jeûne est bon pour la santé. 

On sait, en revanche, très bien comment réagit l'organisme en cas de jeûne. Cela fait d'ailleurs l'objet d'un atelier lors de presque tous les séjours de jeûne : la fameuse physio du jeûne. On sait de source sûre que lors d'un jeûne la tension baisse, le taux de lipides sanguin aussi, qu'il y a une perte de poids, que la muqueuse de l'intestin se régénère, que l'inflammation diminue. Cela nous laisse présager une grande panoplie de bienfaits pour la santé, mais il manque encore beaucoup d'études sur les effets à long terme de la pratique, notamment en ce qui concerne l'impact sur le microbiote intestinal. 

Il y a des études scientifiques, également, souvent citées pour soutenir la pratique du jeûne. Elles sont passionnantes et nous permettent de comprendre les mécanismes à l'oeuvre, mais ne permettent pas encore de valider les bienfaits du jeûne d'un point de vue scientifique. Par exemple, les études du Pr Valter Longo sont souvent avancées pour appuyer l'efficacité du jeûne et des diètes pour la prévention du cancer, et pour soutenir le corps lors d'une chimiothérapie. Même si elles soulèvent des hypothèses très intéressantes, ces études menées sur des rongeurs ne permettent pas encore d'affirmer qu'il en est de même chez l'homme, et ces idées sont très débattues. Un autre exemple très souvent évoqué : le Prix nobel de médecine décerné en 2016 au japonais Yoshinori Ohsumi pour ses recherches sur l'autophagie. Ces recherches ont permis d'isoler les mécanismes de l'autophagie, ce fabuleux mécanisme d'auto nettoyage des organismes vivants, et de comprendre ce qui pouvait la stimuler et l'inhiber. Il en ressort que l'autophagie est inhibée par la consommation de sucre et de protéines, notamment. Elle est donc stimulée lors d'un jeûne, déjà au quotidien entre les repas et la nuit, et d'autant plus en cas de jeûne prolongé. Bonne nouvelle ! Sauf que le chercheur n'a jamais  effectué ces  études pour prouver l'efficacité du jeûne sur la santé humaine, mais pour comprendre les mécanismes qui étaient encore mystérieux de l'autophagie. 

On pourrait s'étendre longtemps sur les études, nombreuses, approchant de près ou de loin des sujets liés au jeûne. Il en ressort pour le moment que la science ne peut pas approuver de manière sûre la pratique du jeûne (je vais vraiment finir au chômage moi...). Pourquoi dire tout ça ? Parce que la science est souvent manipulée pour prouver un point de vue (la fin justifie les moyens), et que la rigueur nous oblige à respecter l'état des connaissances actuelles face à cette question, qui met souvent à mal bon nombre de médecines "douces". Qu'est ce qu'on en fait de tout ça ? Je pense qu'il est toujours sain de questionner une pratique de santé, surtout si elle est controversée. Le jeûne, comme d'autres médecines alternatives, sont considérés comme des pseudosciences. D'ailleurs le jeûne appartient à la naturopathie, il s'appuie en partie sur la force vitale, et sur la détox (pas au sens médical, mais naturopathique de nettoyage des toxines), qui n'ont pas de base scientifiques. 

Mais alors pourquoi jeûner ? La science représente l'état de nos connaissances aujourd'hui, elle est en mouvement. Les personnes qui pratiquent régulièrement le jeûne le font parce qu'ils en ont une expérience positive, parce que ça leur fait du bien et qu'ils se sentent en meilleure santé. Est-ce qu'on a prouvé que c'était le jeûne, ou la marche, ou le fait de couper avec le quotidien, ou l'ensemble ? Non. On peut s'adonner au jeûne, à la naturopathie, en connaissance de cause, en sachant que les bases scientifiques sont trop faibles, parce que ça nous fait du bien. On peut aussi être convaincu par notre collègue de bureau revenu rajeuni de son séjour de jeûne, par notre tante qui a contrôlé ses douleurs chroniques depuis qu'elle pratique le jeûne intermittent, ou se dire que si les 3 religions monothéistes le conseillent depuis des centaines et des centaines d'années, c'est qu'il doit y avoir une bonne raison, mais en aucun cas ces expériences ne sont des preuves scientifiques. 

"Doit-on rejeter tout ce qui n'est pas démontrable scientifiquement ?" - Vous avez 6 heures

2. Les bienfaits du jeûne sur la santé humaine sont-ils scientifiquement prouvés ? 

3. Payer pour ne pas manger ? Et en plus au pays des huitres et du kouign amann ?

Un séjour de jeûne représente un investissement personnel et financier : entre la descente et la reprise alimentaire, il faut compter 3 semaines pour mener un jeûne à bien, il faut poser une semaine de vacances, et dépenser (en ce qui nous concerne) entre 500 et 700€ sans compter le prix du trajet.  Parce qu'il s'agit d'une pratique de bien être, pour rester honnête à mon sens elle ne devrait pas permettre de créer des profits pharaoniques (d'autant plus en raison des soupçons de dérives sectaires, on y reviendra plus tard, patience !). Ci dessous un peu de transparence sur les prix. 

Prenons exemple d'un séjour de jeûne à 700€ tout compris, ce prix comprend :

- entre 330€ et 360€ au gîte pour la location d'une chambre avec salle de bain privée (frais de ménage et taxe de séjour inclus)

- le carburant 

- l'achat, l'entretien du matériel, dont un minibus 9 places 

- les "consommables" : citrons, huiles essentielles, eau de Quinton, beeeaucoup de légumes et fruits biologiques pour les jus, bouillons, le repas de reprise, éléments de la trousse de secours, etc. 

- les documents et objets transmis aux stagiaires (rolls, huiles essentielles, contenants, impressions, livrets...)

- la rémunération des intervenants qui participent au stage

- les frais d'administration de l'entreprise (site internet, frais bancaires, assurances, adhésion à la FFJR, formation continue, publicité)

- les taxes (en auto entrepreneur 22% + impôts sur le revenu)

- le salaire de l'organisatrice

Donc, sur 700€ payés par un participant dans cet exemple, un organisateur touche environ 200€. Un revenu confortable multiplié par le nombre de stagiaires et pour une semaine, mais il faut aussi savoir qu'un auto entrepreneur a beaucoup de travail en dehors des stages (par exemple, en ce moment il rédige cet article !). Une semaine de jeûne n'est pas un moyen pour une personne malhonnête de se faire beaucoup d'argent avec un concept à la mode en abandonnant des personnes à elles mêmes une semaine dans un gîte (du moins pas ici!). Un accompagnement de qualité demande beaucoup de travail, d'être disponible jour et nuit toute la semaine, de faire beaucoup de trajets et voiture car il est déconseillé de conduire, de préparer des ateliers de qualité, d'organiser la venue des masseurs, etc, etc... On paie pour un service lors d'un séjour de jeûne. Mais on peut choisir aussi de payer pour un gîte et du kouign amann, c'est très honorable. 

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4. C'est une secte ton truc... non ? 

Aaaah la fameuse question préférée ! Alors en ce qui me concerne, non, même si j'adorerais avoir le charisme envoutant d'un gourou new age... Plus sérieusement, non, pour différentes raisons : 

- le prix plutôt honnête je pense détaillé au dessus, il est transparent et je n'ai aucun autre service à vendre 

- le stage dure une semaine, plus la prise de contact avant et le service après vente (pour les recettes de reprise alimentaire bien sûr!), je n'assure aucun suivi de long terme, donc si je suis extrêmement charismatique (merci, merci), c'est très limité dans le temps, vous retournerez vite à vos moutons, à votre famille et vos amis

- j'accompagne le séjour, mais ne prodigue aucun soin en direct (massage ou autre)

- j'essaie autant que possible d'être honnête sur ce que j'avance et souligne autant que je le peux ce qui relève du domaine de la croyance

- les stages n'ont pas de thème spirituel, ce n'est pas ma spécialité, pour ma part je me cantonne aux questions physiques et à la sécurité et la bonne ambiance du groupe, qui aborde ces questions comme il le souhaite

- les croyances de chacun, qu'il s'agisse d'une religion connue, ou des petits êtres de la forêt, sont respectées

- je n'encourage aucune rupture avec la médecine conventionnelle

Voici la définition d'une secte selon la MIVILUDES (Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires) : "Il s'agit d'un dévoiement de la liberté de pensée, d’opinion ou de religion qui porte atteinte à l'ordre public, aux lois ou aux règlements, aux droits fondamentaux, à la sécurité ou à l’intégrité des personnes. Elle se caractérise par la mise en œuvre, par un groupe organisé ou par un individu isolé, quelle que soit sa nature ou son activité, de pressions ou de techniques ayant pour but de créer, de maintenir ou d’exploiter chez une personne un état de sujétion psychologique ou physique, la privant d’une partie de son libre arbitre, avec des conséquences dommageables pour cette personne, son entourage ou pour la société."

La pratique du jeûne est surveillée de près par la MIVILUDES qui y consacre une double page dans son dernier rapport que vous pouvez consulter ici : https://www.miviludes.interieur.gouv.fr/sites/default/files/publications/francais/MIVILUDES-RAPPORT2021_web_%2027_04_2023%20_0.pdf 

Quand est-ce qu'une pratique de santé devient inquiétante ? 

- elle prétend se substituer à la médecine conventionnelle et encourage à cesser les traitements

- elle promet des guérisons miraculeuses avec à l'appui des arguments fallacieux et non prouvés scientifiquement

- elle génère des revenus importants en profitant de la faiblesse et du désespoir de personnes en errance médicale

- elle promeut un "culte de la personnalité" autour d'une personne influente

- elle édicte à ses adeptes des conduites à tenir qui leur nuisent et les éloignent de leurs proches

- elle encourage une rupture progressive avec la société et les proches

Voilà une liste non exhaustive qui contient les principaux "red flags" à avoir en tête lorsqu'on s'intéresse aux médecines alternatives. Les membres de la FFJR n'ont en aucun cas vocation à se substituer aux médecins avec lesquels ils essaient de travailler de concert, ils n'ont pas le droit de donner leur avis sur un traitement médical. Choisir de jeûner dans un centre certifié par une fédération, ou avec des personnes de confiance, réduit considérablement le risque d'être confronté à des dérives sectaires. Ce qui le réduit encore plus, c'est de développer son esprit critique en toute situation, d'aller vérifier des sources lorsqu'on le peut, et d'apprendre à déjouer les sophismes et les pièges que nous tendent parfois les autres et notre propre cerveau. 

Voici quelques sources intéressantes (qui ne font pas toujours (jamais...) plaisir lorsqu'on est naturopathe !) qui vont en ce sens : 

Les excellents cours d'esprit critique de Richard Monvoisin : https://www.univ-grenoble-alpes.fr/rayonnement/sciences-et-societe/les-cours-en-ligne-zetetique-et-autodefense-intellectuelle-/les-cours-en-ligne-zetetique-et-autodefense-intellectuelle--597670.kjsp 

Les interventions du même professeur sur France Culture : https://www.youtube.com/watch?v=kw635wzOOPA&ab_channel=FranceCulture 

Le podcast Méta de choc sur la méta cognition : https://metadechoc.fr/ 

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5. Jeûner est-il bon pour tout le monde ? 

Non jeûner n'est ni bon pour tout le monde, ni pour une même personne tout le temps. Une méthode de bien être qui prétend aider tout le monde de manière non individualisée est douteuse. Le jeûne n'est pas un remède miracle : il peut être, s'il est bien vécu et pratiqué au moment opportun, un excellent "reset" pour redémarrer au retour sur de bonnes bases, améliorer son hygiène de vie, se sentir plus détendu.e. Il est régulièrement utilisé pour apaiser des maux du quotidien sans grande gravité, par exemple il peut aider à soulager certaines personnes migraineuses pendant plusieurs mois. Certains ne doivent absolument pas jeûner, par exemple si ils présentent les contre indications au jeûne comme la grossesse.

 

C'est pour les personnes qui ne présentent pas de contre indication que la question se complique. Certains cas appellent à demander l'avis du médecin traitant. C'est le cas par exemple d'une personne qui prendrait des anti dépresseurs depuis un moment mais qui est en forme et n'a pas de maladie psychiatrique. Puis, même pour les personnes en bonne santé et sans traitement médical, le jeûne n'est pas toujours conseillé. En effet, il demande beaucoup d'énergie au corps, et suppose d'être en forme ! Ainsi il est déconseillé de jeûner si on a eu une année très difficile et fatigante, si on a vécu un deuil ou une séparation récemment et qu'on se sent vidé.e... Chaque situation est unique, et appelle parfois à réfléchir ensemble pour savoir si la personne est prête, et / ou à demander l'avis d'un médecin. D'autres personnes en bonne forme physique se trouvent avoir du mal à supporter le jeûne, manquer de motivation une fois sur place... Dans ces cas là il est important de se rappeler que nous ne sommes pas dans la performance physique ni dans le défi, et qu'il peut être nécessaire de passer à la cure de jus, à la monodiète, ou à la reprise de l'alimentation. 

6. À quelle fréquence jeûner ?

C'est souvent la question qui vient ensuite ! Encore une fois, il serait extrêmement réducteur de donner un "plan" de jeûne applicable à chacun en tout temps. Pour les jeûnes longs, on conseille généralement de les effectuer aux changements de saison (printemps - automne), mais la fréquence est propre à chacun. Il est déconseillé de faire plus de 2 / 3 jeûnes d'une semaine par an, car cela risquerait vraiment de perturber le métabolisme, de créer des carences, de la fatigue, etc. Mais encore une fois, pour certaines personnes 1 fois par an est déjà trop, et une fois tous les 3 ans suffit. Les jeûneurs habitués rapportent souvent qu'ils "sentent" quand ils ont envie et besoin de jeûner de nouveau. D'autres personnes jeûnent seulement une fois une semaine pour l'expérience, puis préfèrent ensuite pratiquer le jeûne intermittent. Toutes les combinaisons sont possibles tant que vous vous sentez en forme et ne dépassez pas vos limites, et il est malheureusement impossible de donner des recommandations générales. Si l'on jeûne trop souvent, on peut prendre du poids (réaction du corps qui stocke), avoir pour les femmes un arrêt des règles, se sentir épuisé.e, étourdi.e, avoir des troubles de la concentration... Donc la bonne fréquence est "quand je suis en forme et que j'en ai réellement envie" !

7. Mais d'ailleurs, tu jeûnes avec nous Chloé ?

Non, j'aime beaucoup manger, et jeûner 10 à 20 fois par an pendant une semaine serait très mauvais pour ma santé (je pense que pour le coup, ce serait très mauvais pour n'importe qui !). Je jeûne régulièrement, mais jamais lors de mes séjours, car j'ai besoin d'être à 100% de mes capacités, de conduire en sécurité, et aussi d'être bien détendue et en vacances si je fais un jeûne. Donc lors des séjours, je rentre chez moi manger de bons petits plats à l'abri des regards (je suis vraiment désolée !). 

8. Peut-on jeûner si on souffre de troubles du comportement alimentaire ?

Certainement pas, et si vous ou des membres de votre famille suspectez un trouble, jeûner n'arrangera rien, bien au contraire. Lorsqu'on souffre de TCA, il est très difficile de se défaire des "tocs", des habitudes, de notre manière de considérer l'alimentation. Il faut sortir de la restriction et des pulsions alimentaires pour que se nourrir soit simple et redevienne un plaisir. Jeûner et parler de diététique lors d'un jeûne risque d'empirer ces réflexes développés avec les TCA. D'ailleurs, l'accompagnement du jeûne se veut doux et bienveillant pour prévenir les risques de développer des TCA après le jeûne ! On met l'accent à la reprise sur une bonne réalimentation, satisfaisante, sur le plaisir alimentaire, sur la bienveillance envers soi-même. Il ne s'agit pas de devenir de grands hygiénistes de l'alimentation, mais d'acquérir ou de renforcer nos connaissances pour nous permettre à nous et notre famille d'avoir une alimentation santé ET plaisir au quotidien. 

9. Peut-on jeûner pour perdre rapidement du poids ? 

Cela renvoie à la question du dessus en partie : maigrir vite est une très mauvaise raison de jeûner, même si c'est très tentant. Ce n'est ni sain, ni efficace. Après un jeûne, une personne qui n'est pas particulièrement en surpoids reprends le poids perdu assez rapidement. Dans tous les cas, la reprise alimentaire finit par s'accompagner d'une prise de poids. Jeûner une semaine ne permet pas de perdre durablement 6 kg ! En revanche, jeûner peut permettre à l'organisme de se régénérer et d'éliminer plus facilement par la suite, et surtout jeûner peut aider à adopter une alimentation plus saine qui aidera à perdre des kilos superflus sur le long terme : ce processus ne passe pas par la restriction mais par un rééquilibrage alimentaire. Surtout, jeûner nous permet de considérer notre bedaine avec beaucoup plus de bienveillance : elle nous a maintenu en vie tout une semaine quand même !

10. Comment prépare-t-on un jeûne ?

Un jeûne d'une semaine demande une descente alimentaire d'une semaine pour réduire les risques de rencontrer des symptômes désagréables lors du jeûne. Il est conseillé de supprimer petit à petit, au cours d'une semaine, des catégories d'aliment, puis de terminer par une purge avant d'entrer en jeûne.

Dès la réception de votre fiche d'inscription, je vous envoie un document qui détaille toutes les étapes de la descente alimentaire, et des propositions de cures à effectuer pour faciliter le jeûne. Il est conseillé de planifier sa semaine de jeûne bien à l'avance, pour se préparer physiquement et mentalement en douceur. Je suis également disponible si vous avez des interrogations. Il en est de même pour la remontée alimentaire... mais à l'envers !

11. Comment faire la descente si je dois effectuer un long trajet pour me rendre au gîte ? 

Avis à nos voisins Belges notamment, qui font parfois de long trajets en voiture pour venir jeûner sur les côtes bretonnes ! Ne pensez pas faire 10h de voiture le ventre vide en sécurité, vous aurez peut être l'impression d'être alertes, mais en cas d'imprévu votre temps de réaction risque d'être décuplé. Le plus important est de voyager en sécurité, que ce soit en train ou en voiture, et surtout en voiture. Je conseille dans ce cas de prendre la purge une fois au gîte (il ne faut rien prendre de solide ensuite), et d'emporter un repas et des snacks pour le voyage : orientez vous vers des produits sains, qui permettent de rester concentré.e. Par exemple : une salade de pomme de terres vapeur avec des légumes, avec à disposition dans la voiture des fruits secs et des oléagineux (par exemple un peu de figues séchées et des amandes), ou encore des compotes, du jus de fruit... Même recommandation pour la remontée alimentaire. Beaucoup  de jeûneurs reprennent la route pour de longs trajets à la reprise sans problème, mais en cas de coup de barre je propose de rester vous reposer au gîte pendant que je fais le ménage,  aussi longtemps que nécessaire. 

12. J'ai peur d'être embêté.e par la purge

Parlons caca. La purge est généralement effectué avec des sels d'epsom (sulfate de magnésium), qui, chez la plupart des gens amènent aux toilettes quelques heures plus tard. Ainsi, il n'est pas recommandé de faire sa purge si on doit vivre un long trajet le lendemain. Vous pouvez la prendre tranquillement le samedi au gîte, et ne serez pas perturbé.e pour la randonnée du lendemain ! Vous pouvez aussi choisir de ne pas effectuer de purge si cela vous met mal à l'aise, elle est vivement conseillée, mais certain.e.s ne la font jamais et le vivent très bien. Chaque gîte possède, en plus des toilettes dans les salles d'eau privées, des toilettes au rez-de-chaussée. Pour les séjours, 2 gîtes côte à côte sont réservés pour nous, ce qui fait un total de 7 WC (quel luxe !). 

13. Je n'ose pas me lancer, la perspective de jeûner une semaine m'angoisse

La magie de la première fois... On ne sait pas trop ce qu'on fait là, et on hésite à s'enfuir rapidement ! Jeûner la première fois est toujours impressionnant, un saut dans l'inconnu. Une réelle angoisse de jeûner est une contre indication, il faut beaucoup de motivation ! Mais si la motivation et la curiosité sont là, que vous êtes convaincu.e.s des bienfaits que cela pourrait vous apporter, il est possible d'accompagner les appréhensions. Parlez en à des personnes qui ont l'habitude de jeûner, si vous en connaissez. Renseignez vous, lisez des ouvrages (il y a un onglet sources sur ce site). Regardez des documentaires sur la question, celui d'Arte, "Le jeûne, une nouvelle thérapie ?" a convaincu de nombreuses personnes d'essayer. Vous pouvez aussi tenter une forme de jeûne plus douce dans un premier temps pour voir comment votre corps réagit : sautez seulement un repas, jeûnez 24h, ou pourquoi ne pas essayer une monodiète sur 24 ou 48h ? Vous pouvez aussi me joindre (ou un autre organisateur) pour en discuter !

14. J'ai peur d'avoir faim !

Au bout de quelques jours de jeûne, la faim est inhibée naturellement par le corps qui sécrète de la leptine, l'hormone de la satiété (il est sympa, non?). Souvent les participant.e.s sont surpris.e.s de constater que la faim disparaît rapidement ! Parfois, il est difficile de se défaire de l'envie de manger, c'est pour cela que jeûner en groupe est idéal : moins d'odeurs de cuisine, pas de repas à préparer pour la famille, pas de stimulations, et avec un peu de discipline, on ne parle pas de nourriture lors des randonnées (allez, on y croit!). 

15. Vais-je avoir des carences ?

Une semaine de jeûne, si vous êtes en bonne santé,  avez une alimentation équilibrée et suffisamment riche, ne suffit pas à créer des carences. Sur le long terme, il peut même les diminuer en entretenant la barrière intestinale, et en favorisant une meilleure absorption des nutriments. Si vous craignez des carences, par exemple si vous êtes régulièrement anémié.e, ou carencé.e en magnésium, vous pouvez effectuer une cure de compléments alimentaires avant de venir jeûner. 

16. Y-a-t-il internet au gîte ? Les draps et serviettes sont fournis ? 

Il y a la wifi dans les 2 gîtes, suffisamment pour faire un zoom par exemple si le travail vous appelle durant la semaine. En revanche, le réseau téléphonique est très mauvais. 

Les draps sont tous fournis au gîte, ainsi qu'une serviette de bain. Si ce n'est pas suffisant, notamment pour la plage / le spa, vous êtes invité.e à en prendre d'autres. Des serviettes / gourdes / bouillottes / plaids / tapis de yoga sont disponibles sur place. 

17. Peut-on se promener à pieds à partir du gîte ?

Nous prendrons la voiture pour nous rendre aux départs de randonnées, même si ils sont proches, pour éviter de marcher sur des routes peu intéressantes. Il y a des sentiers de promenades en campagne autour du gîte, vous pourrez rejoindre par exemple le village des 7 saints, ou le parc du château de Kéravéon. La mer est à 4,5 km du gîte, ce qui représente une bonne marche aller-retour, mais je suis disponible toute la journée pour faire navette si besoin. 

18. Ne fait-il pas trop froid pour jeûner en février ou octobre ?

L'hiver et l'automne sont généralement doux en Bretagne, et les 2 gîtes sont pourvus de cheminées ! Quant au temps, il fait parfois plus beau en février qu'au mois de juillet... 

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